« L’Illusion » – Maxime Chattam

Vous mettrez bien un peu de Shinning dans votre séjour ?

Résumé

Bienvenue à Val Quarios, petite station de ski familiale qui ferme ses portes l’été. Ne reste alors qu’une douzaine de saisonniers au milieu de bâtiments déserts. Hugo vient à peine d’arriver, mais, déjà, quelque chose l’inquiète. Ce sentiment d’être épié, ces «visions» qui le hantent et cette disparition soudaine… Quels secrets terrifiants se cachent derrière ces murs ? Hugo va devoir affronter ses peurs et ses cauchemars jusqu’à douter de sa raison…

Mon avis

Difficile de ne pas trouver de parallélisme entre  « L’Illusion » et la référence hors catégorie : Shinning. Evidemment, quand on s’approche de ce monument, on s’attend toujours à subir les foudres des puristes. Un peu poussif au début, je me suis armé de patience pour me plonger dans cet univers montagnard. Et la magie a finalement opéré. L’ambiance est grisante. Maxime Chattam a toujours le don de nous emmener vers une fin à laquelle on ne s’attend pas. Et en parlant, je reste sur ma faim car le dénouement est assez plat. J’attends donc son prochain roman en me disant que ce n’était qu’un léger faux pas.

Références

CHATTAM, Maxime. « L’Illusion ». Éditions Albin Michel, 10/2020.  464 pages.

« Ted » – Pierre Rehov

Partez à la découverte des différents visages de l’enfer sur Terre

Résumé

24 janvier 1989. Coupable de plus de cent viols, tortures et meurtres de jeunes femmes, Ted Bundy doit être exécuté à l’aube sur la chaise électrique. Lors de sa dernière confession, les souvenirs lui reviennent et les questions l’assaillent. Est-il un monstre, un psychopathe ou un être possédé, en quête de vengeance ? Des Goulags glacés de Sibérie à la moiteur étouffante de la Floride, ce roman au suspense haletant nous transporte derrière les coulisses de l’Histoire, là où la monstruosité règne en maître.

Mon avis

Grâce à une plume puissante et précise, Pierre Rehov nous plonge dans la vie d’un des pires tueurs en séries de l’Histoire américaine. Mais est-ce vraiment de sa faute ? Son repenti à un prêtre nous offre une autre visage de Ted. Mais l’auteur ne s’arrête pas là car il nous entraîne parallèlement dans une autre histoire, celle de Timofey, un grand scientifique de Moscou, envoyé dans un goulag en Sibérie suite à un contrôle de police qui tourne mal. Et vous pensiez que Ted Bundy était le maître des enfers ? Découvrez celui à la sauce russe.

Références

Rehov, Pierre. « Ted ». Éditions La Mécanique Générale, 01/2020.  475 pages.

« Une histoire au crépuscule » – Stefan Zweig


Résumé

Entre marivaudage gothique et conte cruel, « Une histoire au crépuscule et Petite nouvelle d’été » racontent deux adolescents aux prises avec des sensations et des sentiments qu’ils ne comprennent pas encore. Quiproquos, fausses pistes, coups de théâtre – la surprise est reine dans ces récits où le simple fait d’ouvrir une lettre peut bouleverser une vie.

L’avis de Christelle

Cette nouvelle est empreinte de mystère, et de volupté. Avec un dénouement qui vaut autant que le corps du texte. Aussi, j’en suggérerais juste quelques ingrédients. Le parc du château glisse dans une douce obscurité.  Aux rayons de la lune se mêlent une caresse, un bruissement de robe, un toucher qu’un jeune homme veut garder sur sa peau. Désir, frissons, turbulences des pensées, et frémissements dans la chair,.. c’est à n’y rien comprendre, le trouble est là, inconfortable, et excitant. Elle l’effleure chaque soir, d’un geste, d’un pas de danse. Son nom lui échappe. Il hésite, il garde les yeux fermés, il pourrait les ouvrir, il ne sait pas encore. Il en a peut être envie. Puis il devine un bracelet.  Et il sait qui elle est..

Références

ZWEIG, Stefan. « Une histoire au crépuscule ». Éditions Payot et Rivages, 09/2020.  59 pages.

« En finir avec Eddy Bellegueule » – Edouard Louis

Récit émouvant d’un auteur souhaitant mettre fin à la différence

Résumé

Dans un roman témoignage où il dénonce la brutalité d’une société impitoyable avec les plus faibles comme avec ceux qui ne sont pas dans la norme, l’auteur règle ses comptes avec un passé qui ne l’a pas épargné. Victime des pires préjugés, il nous invite à partager le récit poignant d’une adolescence meurtrie par la bêtise et l’ignorance.

L’avis de Christelle

Déjà, le titre. Percutant. Dès les premières lignes, le choc est là, il confronte. La réalité qu’Edouard Louis décrit, elle est proche, et récente. Ce n’est pas une autre époque, un autre lieu. C’est là, tout près. C’est une vie, des vies qu’on frôle parfois. C’est une culture autre, insaisissable. D’habitude, Edouard Louis rend ce monde réel, puissant. Il nous oblige à sentir, à vivre au plus près de l’auteur, absolument tout. Bien sûr, il y a sa douleur à lui, celle de se savoir différent, de devoir faire semblant, pour survivre ou essayer. Tous les jours, la souffrance est là. Mais qu’en faire quand on est enfant, ou plus tard, ado ? S’y cogner, encore et encore, parce qu’il n’y a, pour le moment, pas d’autres choix.

Références

LOUIS, Edouard. « En finir avec Eddy Bellegueule ». Editions Seuil, 01/2014.  224 pages.

« Les démoniaques » – Mattias Köping

Un violent uppercut brillant dans la littérature noire

Résumé

C’est l’histoire d’une vengeance. L’histoire d’une fille qui affronte une bête. Son proxénète, son violeur. Son père…

Drogues, meurtres, esclaves sexuelles, pédophilie. Au cœur d’un village qui borde l’autoroute, entre marécages lugubres et forêts profondes, un monstre se déploie. Depuis la Souille, son repère situé au cœur de la forêt, l’Ours dirige son clan d’une poigne de fer et repousse chaque jour les frontières de son empire criminel. Sa fille n’a qu’une obsession : attendre froidement l’heure de la vengeance.

Mon avis

Une fois de plus, Mattias Köping ne fait pas dans la dentelle. L’auteur nous plonge dans un univers glauque à souhait et peu ragoûtant pour les âmes sensibles. Une chose est certaine, on ne peut que difficilement lâcher ce nouveau chef-d’œuvre. Une plume acérée dans un gant de fer. Le lecteur est emmené inconsciemment vers les profondeurs sombres de cette communauté peu reluisante où tout le monde sait mais personne n’ose dénoncer. Un uppercut littéraire, génial mais totalement inclassable. Où s’arrêtera Mattias Köping ?

Références

KOPÏNG, Mattias. « Les Démoniaques ». Editions Ring, 10/2016.  392 pages.

« L’Institut » – Stephen King

Jusqu’où la manipulation mentale peut-elle mener ?

Résumé

Au coeur de la nuit, à Minneapolis, des intrus pénètrent la maison de Luke Ellis, jeune surdoué de 12 ans, tuent ses parents et le kidnappent.

Luke se réveille à l’Institut, dans une chambre presque semblable à la sienne, sauf qu’elle n’a pas de fenêtre. Dans le couloir, d’autres portes cachent d’autres enfants, dotés comme lui de pouvoirs psychiques.

Que font-ils là ? Qu’attend-on d’eux ? Et pourquoi aucun de ces enfants ne cherche-t-il à s’enfuir ?

Mon avis

Fidèle à son rythme d’un bouquin annuel, Stephen King nous plonge cette fois dans l’univers des expérimentations. Une fresque noire, pour le Roi de l’épouvante, mais qui ne contentera pas forcément tout le monde. Certains y voient un mix entre Ça et Charlie. C’est assez bon… mais pas aussi prenant que ces références. Vous n’en sortirez pas indemnes pour autant.

Références

KING, Stephen. « L’Institut ». Editions Albin Michel, 01/2020. 608 pages.

« Le manufacturier » – Mattias Köping

Une oeuvre majeure qui ne recule devant aucune limite

Résumé

Le 19.11.91, des paramilitaires serbes massacrent une famille à Erdut (Croatie). Laissé pour mort, un garçonnet échappe aux griffes des tortionnaires, les Lions de Serbie. 25 ans plus tard, une avocate tente de remonter la piste jusqu’à la tête du commando. Le 01.04.2017, les cadavres d’une femme et de son bébé sont retrouvés dans la banlieue du Havre, atrocement mutilés. Niché dans le dark Web, un inconnu revendique le double meurtre et propose les vidéos de ses crimes à la vente sur son site Internet… Depuis quand sévit-il ?

Mon avis

Un style direct, des détails percutants, une maîtrise hors du commun du suspense et des personnages inclassables. Mattias Köping réunit tous les ingrédients pour obtenir un chef-d’oeuvre du genre.

Un livre sans fausse note, déroutant, qui vous met KO dès les premières pages. Il marquera de nombreuses générations car il ne recule devant aucune limite.

Une oeuvre puissante à ne pas mettre entre toutes les mains.

Références

KÖPING, Mattias. « Le Manufacturier ». Editions Ring, 01/2020. 976 pages.

« L’homme qui pleure de rire » – Frédéric Beigbeder

Fin de parcours pour Octave Parango…

Résumé

Octave Parango a été concepteur-rédacteur dans les années 1990, model scout dans les années 2.000 . Le voici qui découvre dans les années 2010 un nouveau métier…
Après 99 Francs sur la tyrannie de la publicité et Au secours pardon sur le marchandisation de la beauté féminine, ce nouveau roman satirique, hilarant et désespéré clôt la trilogie d’Octave Parango sur les aliénations contemporaines.
Tout est malheureusement vrai (et vécu) dans cette satire, hilarante et désespérée, des dérives de notre société de divertissement.

Mon avis

Fin d’une trilogie où Frédéric Beigbeder jongle avec une certaine dextérité entre le vrai et l’imaginaire. Octave Parango, le double littéraire de l’auteur, est conduit à l’échaffaud par l’entremise d’une page blanche alors que tout le monde attend sa chronique sur les ondes de France Inter.

Véritable panflet contre la radio publique, rien n’échappe à la plume aigisée du maître de l’humour sous psychotropes.

Références

BEIGBEDER, Frédéric. « L’homme qui pleure de rire ». Editions Grasset, 01/2020. 320 pages.