« La vie est brève et le désir sans fin » – Patrick Lapeyre

Une double histoire d’amour poignante et passionnante

Le résumé :

Les affres de l’amour, vues du point de vue masculin. Il met en scène deux hommes, l’un marié, à Paris, l’autre pas, à Londres, tous les deux amoureux de la même femme, assez énigmatique, et qui va de l’un à l’autre. Il y a celui qui hésite, et celui qui attend, tous les deux souffrent. Ce livre est l’histoire d’une inépuisable souffrance amoureuse plus forte que tout.

L’avis de Christelle

« La vie est brève, et le désir sans fin« . Quel titre ! Est-il de Lapeyre, de son éditeur, ou d’un publicitaire averti, j’opterais pour ce dernier tant ce roman a attisé ma curiosité ? Ma libraire préférée en a fait les frais. Elle a dû se demander ce que cachaient ses pages pour que je le réclame avec tant de ferveur. Imaginez un enfant sur la route des vacances et qui dès le bout de sa rue demande « quand est ce qu’on arrive à la mer ?« .

Et bien cet enfant, c’était moi. Impatiente, et frénétique à l’idée de découvrir cette histoire. Est ce une histoire ? Elle a un début, oui, une fin…sans doute.. Je pourrais argumenter que oui. Tout en me laissant convaincre que non. Et qu’arrive-t-il quand on a si hâte de lire un livre ? Peut-on être déçu ? Je ne l’ai pas été. Plutôt étonnée.

Louis Bleriot -pas l’aviateur, cf le livre- suit le rythme de son épouse. Elle occupe le devant de la scène, lui, observe. En secret. À force d’étudier le monde, Nora perce l’écran. Et l’étreint, lui. Comme il le fait d’elle. Entre Nora et Blériot, le désir est couronné, la passion irradie, et l’écriture de Lapeyre transpire ces cœurs qui battent à mille à l’heure. Elle est magnifique, percutante, elle est aussi belle pour parler du feu qui les illumine et les consume, que lorsque l’auteur décrit un carrefour ou une route de campagne.

C’est une écriture drôle aussi, quoiqu’un peu caustique. Au fur et à mesure que les lignes s‘enchaînent, c’est l’entrelac de Bleriot et de Nora que Lapeyre nous conte. On s’en serait douté, Bleriot et Nora sont des aimants l’un pour l’autre, des aimants dont les pôles se fondent autant qu’ils se repoussent. La chute peut être brutale, l’attirance, semble, elle, inéluctable.

Les références :

LAPEYRE, Patrick. « La vie est brève et le désir sans fin. » P.O.L., 09/2010. 352 pages.

« Les voies parallèles » – Alexis Le Rossignol

Une pépite littéraire sur la vie, aussi sordide que captivante

Résumé :

Un admirateur de Nicolas Hulot qui rêve d’être un peu connu, un ancien espoir du basket français désormais accro au jeu, une mère de famille digne, malgré les vicissitudes d’une vie qui ne l’a pas épargnée. Des bourgeois sans complexes. Et puis Lisa. Pour Antonin, l’automne 2002 est bien plus qu’une découverte : c’est une émancipation.  Nécessaire. Vitale. Pour forcer le destin.

L’avis de Sébastien :

Je connaissais Alexis Le Rossignol à travers ses chroniques radio totalement décalées. Capable de tenir plus de 3 minutes sur l’achat d’une pompe à vélos, il a déstabilisé plus d’un invité.

Ce bouquin ne manque pas à la tradition. Un univers sombre, sordide, mais tellement humain. Antonin est un lycéen paumé qui essaie de s’intégrer dans une société qui ne lui tend pas les bras. Même sa maman ne l’aide pas. Va-t-il réussir à quitter sa chrysalide d’ado pour devenir un garçon respectable… et respecté. Peut-être que son amour pour Lisa, fille d’une famille bourgeoise, l’y aidera… Un roman d’une lenteur incroyable mais qui me fut impossible de lâcher une seule seconde ! C’est tout le pouvoir et le magnétisme d’Alexis Le Rossignol. Un bonheur littéraire vivement recommandé. MERCI !

Références :

LE ROSSIGNOL, Alexis. « Les voies parallèles. » Plon, 01/2021. 192 pages.

« Le bazar du zèbre à pois » – Raphaëlle Giordano

« Je m’appelle Basile. J’ai commencé ma vie en montrant ma lune. Est-ce pour cela que j’ai toujours eu l’impression de venir d’une autre planète ?

Le résumé :

Basile, inventeur, agitateur de neurones au génie décalé, nous embarque dans un univers poético-artistique qui chatouille l’esprit et le sort des chemins étriqués du conformisme. De retour à Mont-Venus, il décide d’ouvrir un commerce du troisième type : une boutique d’objets provocateurs. D’émotions, de sensations, de réflexion. Une boutique « comportementaliste », des créations qui titillent l’imagination.

L’avis de Sébastien :

Comment créer un petit bijou ? Une couverture originale, un titre accrocheur et une phrase d’introduction géniale : « Je m’appelle Basile. J’ai commencé ma vie en montrant ma lune. Est-ce pour cela que j’ai toujours eu l’impression de venir d’une autre planète ? ». Un savant mélange prometteur pour un livre qui fleure bon la bienveillance. Raphaëlle Giordano nous invite dans une histoire où l’on découvre Basile, chambouler la vie de tout un petit village grâce à sa boutique. Evadez-vous dans les univers d’Arthur, de Louise ou encore Giulia. Des personnages attachants qui ne manqueront pas de vous faire réfléchir. Un véritable délice pour une lecture pleine de passions.

Les références :

GIORDANO, Raphaëlle. « Le bazar du zèbre à pois. » Plon, 01/2021. 288 pages.

« Ils se marièrent et eurent beaucoup d’enfants… ou pas » – Claire S2C

Des larmes de mal aux larmes de joies, Claire vous invite dans son quotidien

Le résumé :

Un roman graphique de Claire S2C pour se plonger dans le parcours d’un couple en situation d’infertilité. Grâce à des planches remplies d’humour et d’émotion, le lecteur partage le quotidien de l’auteur et de son mari et découvre les différentes étapes d’un chemin difficile et douloureux. Ce livre aborde également les sujets de l’endométriose et permet une 1ère approche sur la NaPro Technologie.

L’avis de Sébastien :

Devenir parents n’est pas toujours un long fleuve tranquille. Grâce à cette bande dessinée, jalonnée de joies, d’espoirs et de désillusions, Claire S2C nous convie dans son quotidien où l’endométriose s’est invitée. Heureusement, Claire et son blond forment un couple solide. Grâce à une détermination de tous les instants, ils nous font découvrir toutes les méthodes tentées pour devenir parents. Cette histoire bouleversante ne rentre pas dans le voyeurisme, ni le larmoyant. C’est juste la vie de nombreux couples dont on ne parle pas assez. Une histoire vraie, sincère, juste magnifiquement décrite.

Les références :

CLAIRE S2C. « Ils se marièrent et eurent beaucoup d’enfants… ou pas. » MAME Éditions, 06/2020. 64 pages.

« Les 7 mariages d’Edgar et Ludmilla » – Jean-Christophe Rufin

Un magnifique couple vous invite au sein de leur aventure amoureuse

Le résumé :

Sept fois ils se sont dit oui. Dans des consulats obscurs, des mairies de quartier, des grandes cathédrales ou des chapelles du bout du monde. Tantôt pieds nus, tantôt en grand équipage. Il leur est même arrivé d’oublier les alliances. Sept fois, ils se sont engagés. Et six fois, l’éloignement, la séparation, le divorce…

Edgar et Ludmilla… Le mariage sans fin d’un aventurier charmeur, un brin escroc, et d’une exilée un peu « perchée », devenue une sublime cantatrice acclamée sur toutes les scènes d’opéra du monde.

L’avis de Sébastien

Divorcer à 6 reprises d’avec la même personne, c’est déjà peu commun. Jean-Christophe Rufin nous invite dans une analyse aussi calme que précise de la vie de couple d’Edgar et Ludmilla depuis les années soixante. Evidemment, quand on sait que l’auteur a connu l’expérience du divorce à 2 reprises, on sait que la base est déjà bonne. Grâce à de nombreux rebondissements, on s’attache rapidement aux amoureux et à leur relation hors du commun. Une ode à l’amour et la vie.

Les références :

RUFIN, Jean-Christophe. « Les sept mariages d’Edgar et Ludmilla ». Éditions Gallimard, 03/2019.  384 pages.

« Le discours » – Fabrice Caro

Etre naturel au mariage de sa soeur quand on vient de se faire larguer

Le résumé :

«Je prononcerai ce discours à une condition, Ludo, une seule : que tu arrêtes de faire grincer ta fourchette dans ton assiette. Je pourrais tuer pour ça. Il y a des codes, Ludo, sinon c’est le bordel. Sept milliards de névrosés essayant de vivre ensemble, se faisant croire que c’est possible, qu’on ne tue pas pour un grincement de fourchette dans l’assiette, qu’on ne quitte pas son amoureux parce qu’il fait du bruit en buvant son café.» 

Lors d’un dîner en famille, Adrien, qui vient de se faire plaquer, apprend qu’il doit prendre la parole au mariage de sa sœur. Entre le gratin dauphinois et les tentatives de discours toutes plus absurdes les unes que les autres, il n’espère qu’une chose : que Sonia revienne. 

L’avis de Sébastien :

La famille… Vaste sujet certes, mais très bien dépeinte par Fabrice Caro. Accepter un discours pour le mariage de sa soeur, alors qu’au fond de soi, le coeur saigne à cause d’une rupture amoureuse, c’est un fameux challenge. Garder son sang froid, faire bonne figure aux yeux des mariés et de leur assemblée, l’auteur nous invite à partager la vie d’Adrien en nous proposant une séance de montagnes russes caustiques, où se mélangent rires et larmes. Un roman agréable à lire au coin du feu.

Références :

CARO, Fabrice. « Le discours ». Collection Folio (n° 6750), 02/2020.  224 pages.

« LA Corporation » – T.J. English

Initiation passionnante au coeur de la mafia cubaine

Résumé :

La Corporation, c’est le nom que s’est elle-même donné l’organisation mafieuse la plus prospère des États-Unis au cours de la deuxième moitié du XXe siècle. S’appuyant sur la communauté cubaine exilée en Floride, un ancien policier de LaHavane, Pedro Miguel Battle, a bâti un empire financier à la vitesse de l’éclair à partir d’une loterie illégale, la bolita, qui lui a vite assuré des revenus colossaux. Bientôt considérée comme plus dangereuse que la Cosa Nostra, cette entité criminelle ultra-violente a étendu son influence le long de la côte Est jusqu’à New York.

L’avis de Sébastien :

La mafia cubaine… vaste sujet totalement maîtrisé par T.J. English qui nous propose un roman passionnant et ultra documenté. Le personnage central a un parcours des plus chaotique, passant de héros de guerre à monstre sanguinaire sans foi ni loi. A travers une intrigue bien ficelée, on éprouve un véritable plaisir à découvrir l’envers du décors d’une organisation obscure à souhaits.

Références :

ENGLISH, T.J. « LA Corporation ». Éditions Flammarion, 10/2018.  592 pages.

« La disparition d’Annie Thorne » – C.J. Tudor

Plongée au coeur de l’horreur à la sauce anglaise

Résumé :

«Une nuit, Annie a disparu de son lit. Il y a eu des recherches. Tout le monde imaginait le pire. Finalement, au bout de 48 heures, ma petite sœur est revenue. Mais elle ne voulait pas – ou ne souhaitait pas – dire ce qui s’était passé. Quelque chose lui est arrivé. Je ne peux pas expliquer quoi. Je sais juste que, quand elle est rentrée à la maison, elle n’était plus la même. Elle n’était plus ma Annie. Je ne voulais pas avouer aux autres et encore moins à moi-même que, parfois, j’avais peur d’elle. Et puis, il y a 2 mois, j’ai reçu un e-mail : Je sais ce qui est arrivé à votre sœur. Ça recommence…»

Mon avis :

« L’homme craie » était déjà une référence. C.J. Tudor remet le couvert avec ce thriller où les secrets d’enfants -qui est véritablement Annie- côtoient l’insoutenable : un mère, coupable du meurtre de son bébé, est découverte avec une balle dans la tête. Nous sommes en droit de se demander jusqu’où l’auteure est capable d’aller. Et ce n’est que le début de ce nouveau bijou de la littérature policière. Superbe moment garanti !

Références :

TUDOR, C.J. « La disparition d’Annie Thorne ». Éditions Pygmalion, 04/2020.  408 pages.

« Le dernier match de River Williams » – Vincent Radureau

Une enquête policière sur fond
de NBA : bonjour l’énergie !

Résumé :

Finales NBA. Les Boston Celtics affrontent le Jazz de l’Utah. Les 3 premiers matchs ont tourné à l’avantage des Celtics, qui ne sont plus qu’à une victoire de leur 18e bague. Il faut dire que la franchise du Massachusetts compte dans ses rangs un joueur d’exception. River Williams. Athlète hors pair. Et qui disparaît à la mi-temps du match 6. Sans laisser la moindre trace. Sans que personne ne l’ait vu quitter l’Arena. Volatilisé. Jusqu’à ce que, 5 ans plus tard, des randonneurs trouvent un corps au fond d’une crevasse. Celui d’un géant d’au moins 2,20 m. Et si c’était lui ?

Mon avis :

Avec des bonds et des rebonds, ce polar oscie entre une enquête menée tambour battant et une demi-finale de basket qui fleure bon la NBA. Bref, on ne s’ennuie pas une seconde dans cette intrigue décrite de mains de maître par Vincent Radureau qui apporte son expérience, à la fois intelligente et accessible à tous. Même à ceux qui n’en ont cure de la balle orange. Une très belle découverte qui comblera votre soif des livres policiers.

Références :

RADUREAU, Vincent. « Le dernier match de River Williams ». Éd. Hugo Poche, 06/2020.  334 pages.

« Ce que savait la nuit » – Arnaldur Indridason

Konrad au coeur d’une nouvelle enquête palpitante à souhaits !

Résumé

Les touristes affluent en Islande et les glaciers reculent lentement. Le cadavre d’un homme d’affaires disparu depuis trente ans émerge du glacier de Langjökull. Son associé de l’époque est de nouveau arrêté et Konrad, policier à la retraite, doit reprendre bien malgré lui une enquête qui a toujours pesé sur sa conscience, en partie sabotée par la négligence d’un policier toujours en service. Au moment où il pensait vivre sa douleur dans la solitude, Konrad doit reprendre ses recherches, malgré les embûches et la haine

Mon avis

Arnaldur Indridason et l’Islande vont de paire. Si on ajoute Konrad, personnage central de la Trilogie des Ombres, c’est encore mieux. Ce retraité qui n’arrive pas à abandonner son job de flic nous emmène dans un univers froid et intriguant. Un chouette polar nordique qui  entraîne notre imagination de surprises en rebondissements. Même s’il est compliqué d’arriver à la hauteur de la Trilogie, l’auteur démontre qu’il n’a fini à nous envouter.

Références

INDRIDASON, Arnaldur. « Ce que savait la nuit ». Editions Métailié, 02/2019.  300 pages.