« La guérison de Rose Gold » – Stephanie Wrobel

Une intrigue hypnotisante entre deux grandes manipulatrices

Le résumé :

Pendant dix-huit ans, Rose Gold Watts a cru qu’elle était gravement malade. En fauteuil roulant, elle passait une bonne partie de ses journées à l’hôpital.
En réalité, sa mère, Patty Watts, était simplement une excellente menteuse.
Après cinq ans d’emprisonnement, Patty retrouve aujourd’hui la liberté sans savoir où aller et supplie Rose Gold de l’aider. À la grande surprise de tout le voisinage, celle-ci accepte.
Rose aurait-elle pardonné à sa mère ces années de maltraitance ? Patty oublierait-elle que c’est sa fille qui l’a envoyée en prison ?
Rien n’est moins sûr et, surtout, Rose Gold n’est plus la petite chose précieuse que Patty a quittée cinq ans plus tôt. Et elle attend avec impatience le retour de sa mère…

L’avis de Sébastien :

Amateurs de nuits blanches littéraires, ce premier opus de Stephanie Wrobel est pour vous ! Du suspense quasiment insupportable et des personnages aussi inquiétants que perturbés psychologiquement, l’auteure s’amuse à balader votre cerveau dans tous les cas de figures possibles… et inimaginables.

Une mère qui semble avoir oublié toutes les accusations qui l’ont menée en prison, une fille qui semble avoir pardonné les actes de sa maman. Mais au final qui est le plus grand manipulateur ? Sont-ils vraiment conscients de la réalité qui les entoure ? Vous n’aurez pas le temps de répondre à ses questions que le final se présentera déjà à vous avec une dernière surprise… démentielle.

Un véritable coup de Maître !

Les références :

WROBEL, Stephanie. « La guérison de Rose Gold ». Éditions Pygmalion. 03/2021. 440 pages.

« La vie est brève et le désir sans fin » – Patrick Lapeyre

Une double histoire d’amour poignante et passionnante

Le résumé :

Les affres de l’amour, vues du point de vue masculin. Il met en scène deux hommes, l’un marié, à Paris, l’autre pas, à Londres, tous les deux amoureux de la même femme, assez énigmatique, et qui va de l’un à l’autre. Il y a celui qui hésite, et celui qui attend, tous les deux souffrent. Ce livre est l’histoire d’une inépuisable souffrance amoureuse plus forte que tout.

L’avis de Christelle

« La vie est brève, et le désir sans fin« . Quel titre ! Est-il de Lapeyre, de son éditeur, ou d’un publicitaire averti, j’opterais pour ce dernier tant ce roman a attisé ma curiosité ? Ma libraire préférée en a fait les frais. Elle a dû se demander ce que cachaient ses pages pour que je le réclame avec tant de ferveur. Imaginez un enfant sur la route des vacances et qui dès le bout de sa rue demande « quand est ce qu’on arrive à la mer ?« .

Et bien cet enfant, c’était moi. Impatiente, et frénétique à l’idée de découvrir cette histoire. Est ce une histoire ? Elle a un début, oui, une fin…sans doute.. Je pourrais argumenter que oui. Tout en me laissant convaincre que non. Et qu’arrive-t-il quand on a si hâte de lire un livre ? Peut-on être déçu ? Je ne l’ai pas été. Plutôt étonnée.

Louis Bleriot -pas l’aviateur, cf le livre- suit le rythme de son épouse. Elle occupe le devant de la scène, lui, observe. En secret. À force d’étudier le monde, Nora perce l’écran. Et l’étreint, lui. Comme il le fait d’elle. Entre Nora et Blériot, le désir est couronné, la passion irradie, et l’écriture de Lapeyre transpire ces cœurs qui battent à mille à l’heure. Elle est magnifique, percutante, elle est aussi belle pour parler du feu qui les illumine et les consume, que lorsque l’auteur décrit un carrefour ou une route de campagne.

C’est une écriture drôle aussi, quoiqu’un peu caustique. Au fur et à mesure que les lignes s‘enchaînent, c’est l’entrelac de Bleriot et de Nora que Lapeyre nous conte. On s’en serait douté, Bleriot et Nora sont des aimants l’un pour l’autre, des aimants dont les pôles se fondent autant qu’ils se repoussent. La chute peut être brutale, l’attirance, semble, elle, inéluctable.

Les références :

LAPEYRE, Patrick. « La vie est brève et le désir sans fin. » P.O.L., 09/2010. 352 pages.

« Les voies parallèles » – Alexis Le Rossignol

Une pépite littéraire sur la vie, aussi sordide que captivante

Résumé :

Un admirateur de Nicolas Hulot qui rêve d’être un peu connu, un ancien espoir du basket français désormais accro au jeu, une mère de famille digne, malgré les vicissitudes d’une vie qui ne l’a pas épargnée. Des bourgeois sans complexes. Et puis Lisa. Pour Antonin, l’automne 2002 est bien plus qu’une découverte : c’est une émancipation.  Nécessaire. Vitale. Pour forcer le destin.

L’avis de Sébastien :

Je connaissais Alexis Le Rossignol à travers ses chroniques radio totalement décalées. Capable de tenir plus de 3 minutes sur l’achat d’une pompe à vélos, il a déstabilisé plus d’un invité.

Ce bouquin ne manque pas à la tradition. Un univers sombre, sordide, mais tellement humain. Antonin est un lycéen paumé qui essaie de s’intégrer dans une société qui ne lui tend pas les bras. Même sa maman ne l’aide pas. Va-t-il réussir à quitter sa chrysalide d’ado pour devenir un garçon respectable… et respecté. Peut-être que son amour pour Lisa, fille d’une famille bourgeoise, l’y aidera… Un roman d’une lenteur incroyable mais qui me fut impossible de lâcher une seule seconde ! C’est tout le pouvoir et le magnétisme d’Alexis Le Rossignol. Un bonheur littéraire vivement recommandé. MERCI !

Références :

LE ROSSIGNOL, Alexis. « Les voies parallèles. » Plon, 01/2021. 192 pages.