« En finir avec Eddy Bellegueule » – Edouard Louis

Récit émouvant d’un auteur souhaitant mettre fin à la différence

Résumé

Dans un roman témoignage où il dénonce la brutalité d’une société impitoyable avec les plus faibles comme avec ceux qui ne sont pas dans la norme, l’auteur règle ses comptes avec un passé qui ne l’a pas épargné. Victime des pires préjugés, il nous invite à partager le récit poignant d’une adolescence meurtrie par la bêtise et l’ignorance.

L’avis de Christelle

Déjà, le titre. Percutant. Dès les premières lignes, le choc est là, il confronte. La réalité qu’Edouard Louis décrit, elle est proche, et récente. Ce n’est pas une autre époque, un autre lieu. C’est là, tout près. C’est une vie, des vies qu’on frôle parfois. C’est une culture autre, insaisissable. D’habitude, Edouard Louis rend ce monde réel, puissant. Il nous oblige à sentir, à vivre au plus près de l’auteur, absolument tout. Bien sûr, il y a sa douleur à lui, celle de se savoir différent, de devoir faire semblant, pour survivre ou essayer. Tous les jours, la souffrance est là. Mais qu’en faire quand on est enfant, ou plus tard, ado ? S’y cogner, encore et encore, parce qu’il n’y a, pour le moment, pas d’autres choix.

Références

LOUIS, Edouard. « En finir avec Eddy Bellegueule ». Editions Seuil, 01/2014.  224 pages.

« Les démoniaques » – Mattias Köping

Un violent uppercut brillant dans la littérature noire

Résumé

C’est l’histoire d’une vengeance. L’histoire d’une fille qui affronte une bête. Son proxénète, son violeur. Son père…

Drogues, meurtres, esclaves sexuelles, pédophilie. Au cœur d’un village qui borde l’autoroute, entre marécages lugubres et forêts profondes, un monstre se déploie. Depuis la Souille, son repère situé au cœur de la forêt, l’Ours dirige son clan d’une poigne de fer et repousse chaque jour les frontières de son empire criminel. Sa fille n’a qu’une obsession : attendre froidement l’heure de la vengeance.

Mon avis

Une fois de plus, Mattias Köping ne fait pas dans la dentelle. L’auteur nous plonge dans un univers glauque à souhait et peu ragoûtant pour les âmes sensibles. Une chose est certaine, on ne peut que difficilement lâcher ce nouveau chef-d’œuvre. Une plume acérée dans un gant de fer. Le lecteur est emmené inconsciemment vers les profondeurs sombres de cette communauté peu reluisante où tout le monde sait mais personne n’ose dénoncer. Un uppercut littéraire, génial mais totalement inclassable. Où s’arrêtera Mattias Köping ?

Références

KOPÏNG, Mattias. « Les Démoniaques ». Editions Ring, 10/2016.  392 pages.

« L’Institut » – Stephen King

Jusqu’où la manipulation mentale peut-elle mener ?

Résumé

Au coeur de la nuit, à Minneapolis, des intrus pénètrent la maison de Luke Ellis, jeune surdoué de 12 ans, tuent ses parents et le kidnappent.

Luke se réveille à l’Institut, dans une chambre presque semblable à la sienne, sauf qu’elle n’a pas de fenêtre. Dans le couloir, d’autres portes cachent d’autres enfants, dotés comme lui de pouvoirs psychiques.

Que font-ils là ? Qu’attend-on d’eux ? Et pourquoi aucun de ces enfants ne cherche-t-il à s’enfuir ?

Mon avis

Fidèle à son rythme d’un bouquin annuel, Stephen King nous plonge cette fois dans l’univers des expérimentations. Une fresque noire, pour le Roi de l’épouvante, mais qui ne contentera pas forcément tout le monde. Certains y voient un mix entre Ça et Charlie. C’est assez bon… mais pas aussi prenant que ces références. Vous n’en sortirez pas indemnes pour autant.

Références

KING, Stephen. « L’Institut ». Editions Albin Michel, 01/2020. 608 pages.

« Le manufacturier » – Mattias Köping

Une oeuvre majeure qui ne recule devant aucune limite

Résumé

Le 19.11.91, des paramilitaires serbes massacrent une famille à Erdut (Croatie). Laissé pour mort, un garçonnet échappe aux griffes des tortionnaires, les Lions de Serbie. 25 ans plus tard, une avocate tente de remonter la piste jusqu’à la tête du commando. Le 01.04.2017, les cadavres d’une femme et de son bébé sont retrouvés dans la banlieue du Havre, atrocement mutilés. Niché dans le dark Web, un inconnu revendique le double meurtre et propose les vidéos de ses crimes à la vente sur son site Internet… Depuis quand sévit-il ?

Mon avis

Un style direct, des détails percutants, une maîtrise hors du commun du suspense et des personnages inclassables. Mattias Köping réunit tous les ingrédients pour obtenir un chef-d’oeuvre du genre.

Un livre sans fausse note, déroutant, qui vous met KO dès les premières pages. Il marquera de nombreuses générations car il ne recule devant aucune limite.

Une oeuvre puissante à ne pas mettre entre toutes les mains.

Références

KÖPING, Mattias. « Le Manufacturier ». Editions Ring, 01/2020. 976 pages.